Les arbitres français ayant dirigé une finale de Ligue des champions honorés (site l'EQUIPE)

Le Syndicat des arbitres du football d'élite (SAFE) a remis des trophées honorifiques à Clément Turpin et à ses assistants (Cyril Gringore et Nicolas Danos), ainsi qu'à leurs prédécesseurs français : Robert Wurtz, Georges Konrath, Michel Vautrot (centraux) et René Lopez (assistant). 

Mardi soir, l'endroit « hype » où il fallait se trouver était niché au coeur du IXe arrondissement de Paris. Dans une ambiance extraordinaire oscillant entre le survolté, le bon enfant et l'hyper-émouvant, sur le cossu « roof-top » de Generali, assureur-partenaire du SAFE (Syndicat des arbitres du football d'élite) et des arbitres professionnels à titre individuel, Michel Vautrot (76 ans) a livré un authentique one-man-show, digne des plus grands comiques français !

Dès qu'on l'avait croisé au pied de l'ascenseur, on avait noté que le recordman du nombre de finales de Coupes de France arbitrées (1979, 1982, 1983, 1984, 1987) se trouvait dans une forme olympique. Car à peine avait-on prononcé le « VAR » qu'il nous avait menacés, sur le ton de la plaisanterie bien sûr, de nous exclure manu militari ! Le débat qu'on a ensuite eu avec lui, sur ce sujet toujours passionné de l'assistance-vidéo à l'arbitrage, a atteint des sommets de mauvaise foi assumée dans de grands éclats de rire, notamment lorsqu'on a évoqué l'inoubliable et si douloureux RFA-France (3-3, 6-5 aux t.a.b.) en demi-finale du Mondial 1982.

Entre-temps, lors de son discours, le Bisontin a enfilé les « punchlines » comme des perles : « On est prêts du Sacré-Coeur, mais derrière, il y a de sacrés cons ! » et « Toi, tu es député et moi je suis dépité ! » à l'adresse de Karl Olive, député des Yvelines, ex-arbitre dans sa jeunesse, présent à cette soirée exceptionnelle organisée par le SAFE. « Je vois le gaillard qui frétille ! » a aussi lancé le malicieux et cabot Vautrot à Clément Turpin en rappelant qu'il restait le seul arbitre Français à avoir dirigé une finale d'Euro (en 1988, Pays-Bas - URSS, 2-0).

En revanche, après une interminable attente de 36 ans, M. Turpin a bien rejoint cette année l'inénarrable Michel dans le gotha des arbitres tricolores ayant dirigé une finale de Ligue des champions, avec Real Madrid – Liverpool. C'était tout le sens de cet événement : remettre des trophées honorifiques, en forme de petites Coupes transparentes aux grandes oreilles, aux six arbitres centraux français (et à leurs assistants) ayant atteint ce sommet, connu par Vautrot en 1986, lors de Steaua Bucarest - FC Barcelone (0-0, 2-0 aux t.a.b.), à Séville.

Robert Héliès et Michel Kitabdjian honorés à titre posthume

Ont donc été aussi été honorés, outre les assistants de Clément Turpin (Cyril Gringore et Nicolas Danos) et l'assistant René Lopez (1972, 1975, 1977), les Alsaciens Robert Wurtz (80 ans), arbitre principal de la finale de 1977 à Rome (Liverpool - Mönchengladbach, 3-1) et Georges Konrath (85 ans), qui a officié en 1982 à Rotterdam pour Aston Villa - Bayern Munich (1-0). Décédés en 2019 et 2020, les centraux Robert Héliès (qui a dirigé la finale Ajax Amsterdam - Inter Milan en 1972, 2-0, à Rotterdam) et Michel Kitabdjian (la finale Bayern Munich - Leeds, 2-0 en 1975 à Paris), n'ont pas été oubliés.

En présentant toutes ces « légendes », qui étaient encadrées d'une haie d'honneur formée par une dizaine de très jeunes arbitres aux étoiles plein les yeux, le président du SAFE, Olivier Lamarre a clamé à chaque fois son immense admiration et leur importance capitale dans la vocation suscitée chez les arbitres « quinqas » et « quadras », comme Turpin, qui vient d'avoir 40 ans.