3. avr., 2020

Pendant ce confinement, Tu fais quoi chez toi Michel Vautrot?

L’ancien arbitre international est resté à Besançon. Il tente de faire du rangement, est assailli de coups de fil et plaisante, comme d’habitude. « Ce que je fais ? J’essaye de tenir ce coronavirus à 9,15 m de moi et je tente de le dribbler malgré mes genoux en compote et mes crises d’hypothyroïdie ».

« Je fais quoi ? Tout le monde s’en fiche puisque chacun, à raison, pense déjà à sauver sa peau. Mais j’apprécie que mon journal quotidien régional qui est mon compagnon depuis que je sais lire, prenne des nouvelles d’un vieux comme les autorités recommandent de le faire… »

Michel Vautrot, ancien arbitre international, ne change pas. Confiné ou pas, il plaisante et livre ses réflexions sur le monde : « Combien se souciaient des milliers de morts africains victimes du paludisme, de la famine ou des ravages d’Ebola ? ».

« Une prison dorée »

Il aurait pu choisir de se réfugier dans sa maison à Antorpe-Saint-Vit. Il a préféré rester dans son appartement à Besançon. « J’aurais considéré cette transhumance inhabituelle à cette saison comme une désertion ! Quand je pense à ces familles confinées avec des enfants dans des cages à lapins, je me dis que je suis dans une prison dorée. » 

J’aurais considéré cette transhumance inhabituelle à cette saison comme une désertion ! Quand je pense à ces familles confinées avec des enfants dans des cages à lapins, je me dis que je suis dans une prison dorée 

Michel Vautrot,: un "bordelique" qui "ne jette rien"

Michel Vautrot est donc resté dans la capitale comtoise. Il passe ses journées à essayer de faire du rangement puisque c’est le « premier réflexe d’un citoyen lambda disposant soudain de temps de libre ». Seul problème : il est atteint du virus « bordélique non organisé, auquel s’ajoute celui, inguérissable, de ne jamais rien jeter. » 

Des mails en cascade et des livres en souffrance

Bref, il a encore du boulot. D’autant qu’il doit répondre aux innombrables coups de fil qu’il reçoit. « Même sans téléphone portable, mon fixe est tout rouge et les mails s’empilent au point que je sature en fin de journée. Je n’arrive même pas à lire la pile de livres en souffrance. Il faut dire que les gens s’emmerdent et se souviennent de mon existence pour passer le temps. Et comme je suis bavard…Plus sérieusement, je savais que j'avais beaucoup de connaissances, mais je ne me doutais pas que j'avais autant d'amis inquièts, y compris dans le monde,  alors que j’ai arrêté mes missions internationales depuis trois ans ».

« Je n’en peux plus des y’a qu’à, faut qu’on »

Déjà « pas très télé », en temps normal, le Bisontin s’abstient de regarder les chaînes d’information en continu : « Ce serait la déprime assurée. Je n’en peux plus des « y’a qu’à, faut qu’on, y avait qu’à, fallait qu’on ». C’est tellement facile de refaire le monde quand on n’est pas aux responsabilités ».

Il préfère regarder la nature de Chaudanne et réfléchir au monde tel qu’il va. « Je me réjouis de voir les Français se mettre au balcon pour soutenir les soignants. J’espère que lorsqu’on sortira de cette merde, les gens accepteront une augmentation des impôts et/ou cotisations sociales pour (enfin !) les payer à la juste valeur des services rendus ».

Ethic Étapes

Et puis Michel Vautrot, président (bénévole) du CIS "Ethic Etapes" , pense forcément à la structure qu’il dirige. « Nous avons 30 jeunes résidents sans famille à l’année et il était hors de question de fermer. Je connaissais la conscience professionnelle de nos dix salariés, mais je suis fier d’eux car aucun n’a voulu exercer son droit de retrait y compris la mère d’une jeune fille. Au même titre que notre sous-traitant en restauration qui continue d’assurer les repas dans le respect des règles logiquement imposées. Mais je tends le dos pour que ce fourbe de virus reste hors-jeu de notre établissement à vocation sociale et sportive ».