25. janv., 2019

Baptiste LAMBERT: Arbitrer devant 1500 personnes, que de sensations !

La découverte d’une autre culture et un contexte sportif d’exception, Baptiste Lambert, membre de l'amcale AFAF du Doubs-Sud, pensionnaire de la section sportive Arbitrage du Lycée Fourier, se souviendra très longtemps de son voyage en Côte d’Ivoire et de ses premiers jeux scolaires et universitaires. Que ce soit sportivement ou humainement, notre jeune officiel est revenu grandi de cette magnifique aventure. Il revient pour nous sur ces dix jours passés en terres Ivoiriennes.

Baptiste, tu as eu la chance de participer aux derniers Jeux scolaires et universitaires. Peux-tu nous parler de cette compétition ?

« Il s’agit d’un tournoi international qui s’est déroulé du 12 au 20 décembre 2018 dans la ville de Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire. Cette compétition permet de rassembler l’élite scolaire et universitaire de quatre disciplines sportives : le Handball, le Basketball, le Volley-ball et le Football. Dans chaque discipline, le tournoi se décompose en deux parties : les phases de classements et les phases finales.

L’UNSS ayant un partenariat avec son équivalent Ivoirien, l’OISSU, l’Office Ivoirienne des Sports Scolaires et Universitaires, sept jeunes officiels français ont été sélectionnés pour participer à ces jeux : 2 arbitres de Basketball, 2 arbitres de Volleyball, 2 arbitres de Football et 1 reporter ».

Quel regard portes-tu sur l’Arbitrage Ivoirien et la compétition ?

« L’arbitrage Ivoirien n’a vraiment rien à envier au nôtre. Il est très complet et la connaissance des arbitres en matière de football et de lois du jeu est très intéressante. Ce qui m’a vraiment marqué durant cette compétition, c’est qu’il n’y a eu aucune contestation des joueurs et des spectateurs concernant les décisions arbitrales. C’était vraiment agréable d’arbitrer dans ce contexte, devant 1000 à 1500 personnes ».

D’un point de vue sportif, qu’as-tu pensé de tes prestations ?

« J’ai officié sur quatre matchs durant cette compétition, dont le match d’ouverture où le coup d’envoi « fictif » a été donné par le Ministre des Sports, Monsieur Paulin Claude DANHO. J’ai également effectué un match de quart de finale en catégorie U18 et une demi-finale le jour de notre départ.

Au vu de l’enjeu des matchs et de l’incroyable ambiance présente en tribune, cela m’a demandé beaucoup de concentration. J’avais à cœur de réaliser les meilleures prestations possibles et de m’exprimer librement durant mes désignations. Le contexte s’y prêtait puisque j’avais la chance d’être en équipe complète avec un trio arbitral accompagné d’un 4ème arbitre, de deux délégués et d’un observateur.

Avant match, nous avons eu des conseils et des analyses des équipes, réalisées par les arbitres ivoiriens et les délégués sur place. Les retours sur les prestations ont été très positifs et m’ont aidé à progresser davantage, notamment dans la lecture du jeu que j’ai trouvée plus technique qu’en France ».

Tu as vécu une aventure sportive bien sûr, mais également humaine. Que retiens-tu de la Côte d’Ivoire ? Qu’as-tu fait en parallèle de la compétition ?

« La Côte d’Ivoire est avant tout un pays pauvre où le football a une place très importante dans la société. Ce voyage nous a fait découvrir une magnifique culture et nous a permis de rencontrer de nombreuses personnes avec qui nous nous sommes liés d’amitié.

En parallèle de la compétition, nous avons visité des lieus emblématiques de Yamoussoukro comme la Basilique Notre-Dame de la Paix, la plus grande du monde. Nous avons visité l’équivalent d’un STAPS, les locaux de l’OISSU, assisté à la convention et aux signatures de partenariat entre l’OISSU et l’UNSS et pris part au lancement du premier cross dans la ville d’Abidjan où plus de 6000 personnes étaient présentes au départ de la course.

Dans notre projet, nous avions également emmené des affaires de sport pour les donner aux élèves des lycées et écoles de Yamoussoukro et d’Abidjan. Lors des remises de dons, nous avons fait la rencontre de jeunes étudiants et échangé avec eux sur tout type de sujets. Nous avons aussi encadré une formation de jeunes arbitres durant une après-midi afin de leur présenter notre projet, le but de notre visite, d’échanger sur les lois du jeu et de préparer la compétition du lendemain.

Enfin, nous sommes allés dans un village « typique » nommé Bomizambo à 30 minutes de Yamoussoukro. Quelles émotions à notre arrivée ! Les enfants nous attendaient avec le chef de village, sa famille et nous ont accueillis avec des chants et des danses ».

Quels souvenirs t’ont le plus marqué ?

« D’un point de vue humain, les moments de partage ont vraiment été marquants. Je retiendrai bien sûr la visite du village de Bomizambo, tant l’émotion était grande. Jeunes, chef et familles du village nous attendaient pour partager des moments intenses et nous ouvrir à leur culture.

D’un point de vue sportif, l’ambiance dans le stade était très impressionnante. Que de sensations lors de mon premier coup de sifflet devant près de 1500 personnes ! Que de frissons également lorsque j’ai sifflé la fin d’un math où joueurs et supporters sont venus célébrer ensemble sur le terrain ! Une foule en délire qui descend des gradins pour communier avec leur équipe victorieuse et savourer un moment de plaisir. C’est ça l’ambiance dans les stades de Côte d’Ivoire !

Enfin, un moment que je n’oublierai jamais : mon premier match et ce coup d’envoi fictif de Monsieur Paulin Claude DANHO, Ministre des Sports. La poignée de mains avec ce représentant de l’état et le petit mot échangé avec lui resteront à jamais gravés ».

Un petit mot pour conclure ?

« Je tenais à remercier toutes les personnes qui m’ont suivi et permis de faire ce fabuleux voyage. Tout d’abord, Monsieur Alexandre Perreau-Niel, Responsable de la section sportive arbitrage du Lycée Joseph Fourier à Auxerre (89), sans qui rien n’aurait été possible. Madame Besson et Monsieur Sallandre du Lycée Joseph Fourrier pour leur préparation physique durant toute la saison.

Je tiens également à remercier l’UNSS et tout particulièrement Mesdames Nathalie Constantini Directrice Nationale de l’UNSS, Nathalie GRAND Directrice Adjointe, ainsi que Monsieur Benjamin Gremion professeur d’EPS et arbitre international de Hockey sur glace pour avoir organisé ce voyage et nous avoir accompagné durant cette aventure inoubliable.

Je remercie mes collègues arbitres venus en Côte d’Ivoire et avec qui j’ai lié une forte amitié. Enfin je remercie mes collègues arbitres de ma section sportive et l’ensemble des personnes de la ligue et de mon district.

Pour finir, je remercie mes parents, ma famille et les membres de mon club du FCGB pour leur suivi et leur soutien ».