1. avr., 2018

Le fastueux train de vie de la Fédération française de football

La Cour des comptes, dans un rapport dévoilé ce mercredi par Le Monde, pointe les généreuses dépenses de la Fédération française de football envers ses salariés et son président.

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L'armoire à trophées des Bleus n'a pas reçu de nouveau pensionnaire depuis quinze ans mais les poches de la Fédération française de football sont, elles, très bien garnies. C'est du moins ce qui ressort d'un rapport de la Cour des comptes, dont Le Monde a pu consulter la partie confidentielle.

Les sages de la rue Cambon vantent la "gestion en bon père de famille" et "l'aisance financière" de l'instance, rendues possibles par une professionnalisation lancée par l'élection du président Noël Le Graët en 2011, au lendemain de la tragi-comédie de Knysna.

Le Graët et ses vols

Mais ce portefeuille bien garni, avec un budget prévisionnel monté à 224,6 millions d'euros pour l'exercice en cours, s'est accompagné de quelques largesses. Et notamment d'une explosion des affrètements d'avions, dont le coût est passé de 9 000 euros en 2011 à 313 000 euros en 2015.

La hausse est principalement aux déplacements en avion privé de Noël Le Graët, au nombre de 27 par exemple sur l'exercice 2014-15. Le président "accompagne les sélections, est omniprésent sur le plan international et est au contact du football amateur en métropole et dans les DOM-TOM", s'est justifiée la FFF.

Des licenciements trop coûteux ?

La Cour pointe aussi des "facilités dans la gestion des ressources humaines" : "augmentations générales de 3 % par an, abondement du plan d’épargne entreprise, accord relatif à la participation, accords d’intéressement basés pour partie sur les résultats financiers de la Fédération...

Les indemnités de ruptures conventionnelles et/ou transactionnelles sont aussi dans le viseur, avec un total de 8,6 millions d'euros entre 2011 et 2015 que la Cour juge supérieur à ce que des tribunaux prud'homaux auraient accordé.

Un avis que ne partage pas la Fédération, qui argue que ce type de départs avait été "privilégié pour éviter le risque du contentieux, par nature incertain et potentiellement supérieur".